Croissance économique et performance boursière

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Voici un article sous la plume de André Gosselin du site orientationfinance.com

La croissance économique ne rime pas nécessairement avec performance boursière

Les rendements boursiers les plus élevés proviennent de pays à croissance modérée

Parmi les fausses idées sur l’économie qu’entretiennent les investisseurs dans le monde, l’une des plus solidement ancrées suppose que la croissance économique d’un pays devrait se refléter par la croissance du prix des actions cotées en Bourse.

Plus la croissance du PIB est élevée, croit-on, meilleurs sont les rendements boursiers.

Des données portant sur 17 pays parmi les plus développés de la planète, pour la période qui va de 1900 à 2004, montrent par exemple que l’Afrique du Sud a connu une croissance économique de seulement 1,2% par an depuis plus d’un siècle. Cela n’a pas empêché son marché des actions de donner un rendement annuel moyen de 7% (après inflation), le troisième meilleur au monde sur 105 ans d’historique boursier, derrière la Suède (7,6%) et l’Australie (7,6%). Le Japon, à l’autre extrémité, a vu son PIB croître de 3,6% par an depuis 1900 (le taux le plus élevé des 17 pays); pourtant, son marché boursier n’a généré qu’un rendement annuel moyen de 4,2%.

En 105 ans, le Canada (2,1%), les États-Unis (2%), l’Angleterre (1,8%) et l’Australie (1,9%) affichent une croissance économique moyenne qui se situe autour de 2%, et ont pourtant des rendements boursiers parmi les plus élevés au monde (Canada : 6,1%; États-Unis: 6,6%; Angleterre: 5,4%; et Australie : 7,6 %).

En comparaison avec ce groupe de quatre pays anglo-saxons, des pays comme l’Italie (2,7%), l’Espagne (2,6%) et la Norvège (2,6%) ont connu une croissance économique annuelle de 25% supérieure… et un rendement de leur marché boursier de moins de 3,6% par an !

Quand on jette un coup d’oeil aux statistiques économiques et boursières de 53 pays importants au cours des 50 dernières années, on constate qu’il n’y a aucune corrélation significative entre la croissance du PIB et la performance boursière.

Compilés par les professeurs Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton, de la London Business School, ces résultats ont été publiés dans le Global Investment Returns Yearbook de 2005, une publication annuelle qui fournit une mine de renseignements aux investisseurs professionnels qui recherchent un portrait historique à long terme des marchés financiers.

Pour chaque année depuis 1900, les auteurs du rapport ont classé les pays selon la croissance de leur PIB par périodes de cinq ans. Ils ont alors découvert qu’il vaut mieux investir dans les pays qui ont la plus faible croissance économique que dans ceux qui affichent la plus forte croissance. Ainsi, une stratégie de portefeuille qui consiste à investir chaque année dans les 20% des pays qui ont la plus faible croissance du PIB a généré un rendement annuel moyen de 8%, par rapport à seulement 5% pour les 20% des pays qui ont affiché la plus forte croissance de leur PIB.

Quand la même stratégie de portefeuille est appliquée à 53 pays, mais sur une plus courte période, on constate que les 20% des pays qui ont connu la plus faible croissance du PIB au cours des cinq dernières années ont enregistré un rendement boursier annuel de 12% en moyenne. Celui-ci est de 6% seulement pour les 20% des pays qui ont affiché récemment la plus forte croissance du PIB.

André Gosselin PHD est le fondateur de la philosophie de gestion d’Orientation Finance

Que pensez-vous de la relation entre la croissance économique et la performance boursière?

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