Bourse: profiter des vents contraires

Bâtissez-vous un portefeuille gagnant pour moins de 4 euros par mois

Voici un excellent article de Philippe Leblanc gestionnaire de portefeuille et chroniqueur au site lesaffaires.com

Il y a bien des façons d’investir en bourse. Probablement autant qu’il y existe d’investisseurs.

Certains cherchent à investir dans des sociétés dont les perspectives de croissance sont très favorables, quitte à devoir payer relativement cher pour leurs titres. Ces investisseurs pourraient par exemple avoir investi dans des sociétés américaines telles que Facebook ou Chipotle ou dans des sociétés canadiennes comme Ritchie Brothers ou Dollarama. Leur but est en quelque sorte de trouver une vague assez haute et assez forte et d’y surfer aussi longtemps qu’elle se poursuivra.

D’autres investisseurs courent les véritables aubaines. Ils tentent de trouver des sociétés dont le titre est nettement sous-évalué par rapport à la valeur de leur actif. Comme certains consommateurs, ils ont tendance à chercher des occasions de placement parmi les articles en liquidation. Ils affectionnent les titres qui s’échangent à un cours largement inférieur à leur valeur comptable.

De tels investisseurs pourraient par exemple être attirés par des sociétés telles que Reitmans ou Groupe Colabor dont les titres ont subi une forte correction au cours des derniers trimestres et qui sont peu chers par rapport à leur valeur comptable. Ils achètent un titre peu cher dans l’espoir que les affaires de la société se replacent afin de pouvoir le revendre à un prix sensiblement plus élevé. Cette méthode est en quelque sorte celle que prônait Benjamin Graham, le père de l’analyse fondamentale et aussi celle qu’utilisait le milliardaire Warren Buffett au début de sa carrière, avec beaucoup de succès. Ce dernier appelait cette méthode «cigar-butt investing», soit rechercher des mégots de cigarettes pour en tirer quelques bouffées gratuites.

D’autres investisseurs cherchent plutôt à trouver des entreprises de qualité et à attendre que leur titre soit relativement peu cher pour l’acheter. C’est en fait une méthode hybride entre les deux précédentes. C’est dans ce camp que Buffett s’est rapidement retrouvé et qu’il n’a jamais quitté. Il s’est en effet rendu compte qu’il valait souvent mieux investir dans «une entreprise extraordinaire à un prix ordinaire que dans une entreprise ordinaire à un prix extraordinaire». C’est également dans ce camp que nous nous plaçons chez COTE 100.

À mon avis, l’attrait de cette dernière manière d’investir réside dans le fait qu’elle procure à la fois la marge de sécurité que confère l’achat d’un titre relativement peu cher et le potentiel de croissance à très long terme qu’offrent les véritables sociétés de croissance. Naturellement, le hic est que la plupart des titres de sociétés de qualité qui recèlent de bonnes perspectives de croissance se vendent en général à des ratios d’évaluation trop élevés pour en faire des occasions intéressantes.

Mais il existe toujours des occasions, quels que soient les marchés. Pour les trouver, il faut parfois regarder dans les secteurs qui font face à des vents contraires. La clé est de s’assurer que ces vents contraires ne sont que temporaires et non pas permanents. Par exemple, nous savons tous que le secteur du pétrole a subi une forte correction au cours des derniers mois. Si vous êtes comme nous et ne croyez pas tellement aux perspectives de croissance à long terme de ce secteur, vous n’êtes pas obligés d’investir dans de tels titres. Par contre, vous pourriez fort bien profiter de la baisse de plusieurs titres dont une partie des activités est liée au secteur du pétrole. Quelques autres sociétés ont vu leur titre chuter au cours des derniers mois même si leurs activités ne touchent pas directement le pétrole. Elles écopent du fait de leur présence dans l’Ouest canadien, dont l’économie sera évidemment affectée par la chute du prix du pétrole. À long terme cependant, je suis convaincu que la croissance économique de l’Ouest du pays sera attrayante. Des exemples? Home Capital, Canadian Western Bank et Stantec, trois titres que nous détenons dans nos portefeuilles.

Tout cycliste sait très bien qu’il arrive de devoir affronter un fort vent de face. Il sait aussi que ce vent contraire pourrait fort bien se calmer, voire devenir favorable lorsqu’il changera de direction. C’est un peu le même phénomène pour l’investisseur qui achète le titre d’une société de qualité qui connait des difficultés temporaires. Avec de la patience, les chances sont bonnes que ce vent contraire fléchisse ou se renverse.

Par Philippe Leblanc, CFA, MBA

Et vous en tant qu’investisseur boursier cherchez-vous à profiter des vents contraires?

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4 Commentaires
  1. 7 avril 2015
    • 7 avril 2015
  2. 6 avril 2015
    • 6 avril 2015

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