Cinq erreurs à éviter au sommet d’un marché

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Voici un article très intéressant de Philippe Leblanc du site lesaffaires.com que je partage avec vous.

Les marchés atteignent de nouveaux sommets et les rendements des quelques cinq dernières années ont de quoi donner le vertige à de nombreux investisseurs boursiers. Dans mon cas, la dernière fois où je me suis trouvé dans cette situation remonte à la fin des années 1990, quelque temps avant l’éclatement de la bulle techno. Bien sûr, les deux périodes ne sont pas pareilles. À l’époque, le niveau de spéculation entourant les titres touchant de près ou de loin à l’Internet était exceptionnel. Néanmoins, on se retrouve aujourd’hui devant une situation similaire à celle de 1999 : les aubaines boursières se font plus rares.

Je me permets donc de faire part des erreurs que nous avons commises à la fin des années 1990 et que nous n’avons pas l’intention de répéter cette fois-ci. C’est d’ailleurs un des sujets que nous abordons dans notre série de conférences en novembre :

1- Déroger à sa philosophie d’investissement. Je dois dire que nous n’avons jamais dérogé à notre philosophie, ancrée par le Système COTE 100, qui consiste à acheter des entreprises en bonne santé financière, rentables et en croissance, à un prix raisonnable. J’en connais plusieurs toutefois qui à l’époque s’étaient laissé complètement envoûtés par la vague techno, délaissant du même coup leur méthode d’investissement des années précédentes.

2- Investir dans des titres de moindre qualité, ce qu’on peut appeler les « value traps ». Là où nous avons erré est dans l’achat de titres de moindre qualité. À l’époque, les titres de belles sociétés nous semblaient tout simplement trop chers. Nous avions donc abaissé nos critères de sélection pour acheter des titres de sociétés qui paraissaient peu chers sur papier mais qui ne valaient pas très cher. Un exemple : International Aqua Foods, une entreprise de pisciculture. On appelle ce genre de titres des « value traps » parce qu’ils ont justement tendance à demeurer peu chers.

3- Investir dans des entreprises trop complexes. Nous avons aussi erré de ce côté-là. Vous souvenez-vous de Semi-Tech? Pour ma part, je m’en souviens malheureusement très bien. Ce conglomérat tentaculaire était actif dans de nombreux secteurs hétéroclites, passant des systèmes de son aux machines à coudre Singer. Sa structure était particulièrement complexe, ce qui rendait son analyse très difficile et son évaluation aléatoire.

4- Ignorer son scénario de base. Lorsque nous achetons un titre, nous notons systématiquement les raisons pour lesquelles nous considérons ce titre comme un achat. Un tel scénario n’a pas besoin d’être long ni compliqué – il tient souvent sur une ligne ou deux. Lorsque les marchés sont favorables, on a parfois tendance à se laisser entraîner et à oublier les motifs qui nous ont fait acheter nos titres. C’est une erreur. Le meilleur exemple pour nous est le titre de Bombardier. Nous l’avions acheté à la fin des années 1980 et l’élément clé de notre scénario de base était la diversification des revenus de la société, qui étaient l’époque divisés presque également entre ses trois divisions : le transport en commun, l’aéronautique et les produits motorisés. À la fin des années 90, grâce au succès du RJ (Regional Jet), la quasi-totalité des profits de l’entreprise provenait de sa division aéronautique. Sachant l’aspect très cyclique de ce secteur, nous aurions dû vendre le titre plus rapidement car notre scénario de base ne tenait plus.

5- Ne pas conserver ses titres gagnants. Si acheter des titres de moindre qualité parce qu’ils semblent relativement peu chers est une erreur, vendre des titres de grande qualité parce qu’ils sont un peu chers l’est tout autant. Tant qu’un titre de qualité correspond toujours à notre scénario de base et que son évaluation n’est pas démesurée, il importe de le conserver. C’est par exemple ce que nous faisons avec nos actions de Colgate ou de Visa.

La beauté de l’investissement est qu’on s’améliore constamment avec les années. Mais encore faut-il savoir tirer des leçons de ses erreurs passées.

Par Philippe Le Blanc, CFA, MBA

*Cet article a été originalement publié sur lesaffaires.com

Avez-vous tendance à commettre ces erreurs lors d’un sommet de marché?

 

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