Quand la retraite souffre de la crise de la quarantaine

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Voici un excellent article de Fanny Bourel du site lesaffaires.com que je partage avec vous.

Quand la retraite souffre de la crise de la quarantaine

Vider son compte en banque pour s’acheter la voiture convertible dans laquelle on rêvait de parader au Cégep. Piocher dans ses économies pour retrouver les fesses rebondies et le visage lisse de ses 20 ans. Ou encore plaquer un emploi confortable pour devenir professeur de yoga.

La crise de la quarantaine touche tout le monde à un moment donné, avec plus au moins d’intensité. Simple turbulence passagère ou grosse tempête, elle fait souvent l’objet de blagues dans les films ou au bureau. Pourtant, ses impacts financiers sont bien réels et peuvent menacer la plus planifiée des retraites.

Un moment stratégique

Des chercheurs australiens ont compilé les niveaux de bonheur mesurés lors de sondages réalisés en Australie, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Partout, le bonheur suit une courbe en U, dont le creux est atteint entre 40 et 42 ans, en moyenne. Mais la crise de la quarantaine débute parfois dès la fin de la trentaine. Et, elle dure de quelques mois à plusieurs années.

« C’est un âge névralgique où les personnes traversent une profonde remise en question de leurs choix de vie », explique Josée Blondin, psychologue organisationnelle et co-auteure du guide Tomber à la retraite. Confrontées aux premiers signes de l’âge et à leurs regrets, elles tendent à ressentir une urgence de vivre.

Un passage douloureux qui fait dire à la psychologue que la crise de la quarantaine est comme une deuxième crise d’adolescence. Sauf qu’un ado n’a ni multiples cartes de crédit, ni marges hypothécaire à six chiffres. « Plus les revenus sont hauts et plus les dégâts sont lourds », constate François Morency, président d’Aviso, les conseillers financiers. À cet âge, on a non seulement plus d’argent à perdre mais aussi moins de temps pour se refaire.

En bout de ligne, la planification de la retraite en prend souvent un coup. Surtout que c’est, en général, à partir de la quarantaine, que les gens commencent à penser sérieusement à leur retraite. Or, laisser passer le train sans sauter dans un wagon, c’est risquer de ne jamais arriver à la destination Retraite-au–soleil.

Manquer le virage professionnel

La crise de la quarantaine se manifeste souvent par un désir de changer de carrière. Se lancer à son compte ou retourner à l’université pour enfin se donner les moyens de ses ambitions n’est pas sans conséquence sur la retraite. Baisse de salaire, dettes d’études à rembourser, ou perte du régime de retraite offert par l’employeur, il est essentiel de tenir compte de ces répercussions et d’adapter son train de vie afin de ne pas mettre sa retraite en danger.

Pour certains, le virage professionnel peut même tourner au cauchemar. Quitter un emploi stable pour assouvir un vieux rêve est un choix risqué! « J’ai vu l’exemple d’une femme qui a acheté un commerce mais sans trop savoir comment gérer une entreprise, raconte Eric Lebel, conseiller en redressement financier et syndic de faillite chez Raymond Chabot Grant Thornton. Les ventes n’étant pas à la hauteur, elle a réinjecté des fonds personnels. Mais le magasin a fini par fermer et elle à se retrouver en faillite ». Les REER comme les fonds de pension sont protégés en cas de faillite. Mais la perte des actifs et les dépenses nécessaires pour les reconstituer viennent gruger les possibilités de mettre de côté pour sa retraite.

Un endettement insidieux

Heureusement, la majorité des gens touchés par la crise de la quarantaine évitent la catastrophe financière mais pas les dépenses qui s’enchainent. Leur mal-être se traduit parfois par une coûteuse fuite en avant : multiplication de voyages, achat d’un bateau ou traitements anti-âge à répétition…. Résultat, l’endettement se creuse plus vite que leurs rides et la capacité d’épargne en vue de la retraite diminue autant que le nombre de cheveux sur leur crâne.

Autre effet secondaire coûteux de la quarantaine : le démon de midi. Retrouver une seconde jeunesse en multipliant les conquêtes est loin d’être gratuit, surtout si l’on est en couple. « Entre les hôtels et les restaurants, devoir cacher sa double vie revient cher », avertit François Morency.

Le divorce, ennemi numéro 1 de la retraite

Mais, dans la plupart des cas, ce sont les séparations qui viennent le plus faire dérailler la planification de la retraite. Entre les remises en question existentielle et les infidélités avec la gardienne, les couples sont souvent les victimes collatérales de la crise de la quarantaine. « L’impact des divorces est important, indique François Morency. Partager les régimes de retraite et les REER en deux réduit de moitié l’argent accumulé pour la retraite. »

Retrouver la liberté du célibat nuit aussi à sa capacité d’épargner. C’est une conséquence financière rarement bien anticipée par les gens. « Le coût de la vie de base est d’environ 2 000$ par mois pour une personne seule, contre 2 500$ pour un couple, estime Éric Lebel. Si le couple gagnait ensemble 4200$, se séparer laisse peu de marge pour mettre de côté pour sa retraite. » Sans compter ce qu’on partageait à deux et qu’il faut donc racheter.

Si le revenu disponible pour épargner baisse, l’envie de dépenser suit la courbe inverse chez bien des individus. Faire chauffer la carte de crédit donne l’impression de compenser le vide, la tristesse et la colère engendrées par la séparation. « J’ai vu le cas d’une personne dans la quarantaine qui, incapable de faire face à la douleur, a joué au casino les 28 000$ de son REER », se rappelle-t-il.

Faire le bilan

Moins on s’accorde le temps de s’arrêter régulièrement pour faire le point sur sa vie et plus la crise de la quarantaine risque de frapper fort. Prendre du recul pour se questionner sur les choix effectués et ses aspirations pour le futur sont indispensables. « Il faut se faire ce cadeau-là avant que ça ne fesse, insiste la psychologue Josée Blondin. On peut même aller consulter pour nous aider à faire le ménage dans notre vie et à nous repositionner par rapport à nos objectifs et à nos rêves. »

La réussite du passage vers la quarantaine repose également sur l’acceptation de cette transition.

Plus on lutte contre elle, plus on s’oublie soi-même et plus la crise de la quarantaine a le potentiel de nous faire chavirer.

Avant de se lancer dans des dépenses irréfléchies, prendre rendez-vous avec son conseiller financier peut être utile pour éviter de mettre sa situation financière à risque. Car, il ne faut pas oublier qu’à 40 ans, il reste encore la moitié du chemin à parcourir avant la retraite. « On oublie que l’espérance de vie est plus grande qu’avant et que le risque de survivre à son capital existe ! » souligne-t-elle.

La crise de la mi-vie est déroutante mais attention à ne pas se laisser emporter par elle sous peine de voir son rêve de retraite pleine de croisières ruiné …. et de subir la crise de la soixantaine!

Par Fanny Bourel

*Cet article a été originalement publié sur lesaffaires.com

Est-ce que la crise de la quarantaine vous fait peur?

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