Entreprise remarquable, placement remarquable?

 

Achetez cette action, c’est une société remarquable.

… c’est une platitude mainte fois entendue à la bourse. Mais est-ce pour autant un bon investissement?
Une importante étude de Michelle Clayman, intitulé « In Search of Excellence: The Investor’s Viewpoint » a été publié dans le « Financial Analysts Journal’ de mai-juin 1987.
Dans son étude, Clayman suit les actions des entreprises «Remarquables» mentionnées dans le best-seller « In Search of Excellence: Lessons from America’s Best-Run Companies » de Robert H. Jr. Waterman et Tom Peters, en comparant leur rendement par rapport à un portefeuille de sociétés « médiocre » peu performantes.
Les sociétés « remarquables » ont un très bon historique, actif de qualité,actions en croissance et rentabilité élevée, pour les sociétés « médiocres » c’est l’inverse.
5 ans après avoir été sélectionnées, les actions « remarquables » battent le marché de 1% par an et la majorité des actions sous-performe le marché, tandis que les actions « médiocres » battent le marché de 12% par an avec une majorité d’actions qui battent le marché.
Clayman conclut que les entreprises « remarquables » qui ont été »remarquables » dans le passé peuvent se révéler de mauvais investissement, car le marché surestime leurs croissances et leurs rendements futurs … l’inverse est vrai pour les entreprises « médiocres ».

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Les investisseurs ont tendance à être trop confiants lors de l’achat d’une action d’une entreprise qui a un bon passé et une solide réputation et sont prêts à payer une prime, réduisant ainsi d’autant le rendement boursier futur.
En revanche les entreprises « médiocres » sont vendues par les fonds même à bas prix, car ils ne veulent pas que les investisseurs voient leurs erreurs passées listées parmi les actions qu’ils ont en portefeuille. Ni les investisseurs institutionnels ni les investisseurs individuels n’aiment être propriétaires de « mauvaises » actions.
Les entreprises « remarquables » sont souvent de grandes entreprises qui ont atteint une taille limite, ou qui sont limitées dans leur expansion par les lois antitrust.
Un autre concept important est le retour à la moyenne. Si une entreprise ou une industrie est en plein essor et génère des profits supérieurs à la moyenne, de nouvelles entreprises entreront dans le secteur jusque quand la rentabilité retourne à la moyenne. À l’inverse les entreprises et les secteurs à faible rentabilité subiront typiquement des réductions de capacité et les rendements auront tendance à retourner vers la moyenne.
Ceci est confirmé par Robert Haugen, dans son livre « The New Finance ». Si un investisseur choisit un panier d’actions de « forte croissance » et un à « croissance faible », cinq ans plus tard les taux de croissance du bénéfice de ces deux paniers seront indistinctement moyens, mais les actions à « croissance faible » auront été achetés à un meilleur prix.
Dans l’ étude « Stocks of admired companies and spurned ones« , les auteurs ont étudié la liste annuelle des «sociétés les plus admirées d’Amérique » du magazine « Fortune » d’avril 1983 à décembre 2007. Ils ont constaté que les actions des entreprises les plus admirées avaient des rendements inférieurs, en moyenne, aux actions des entreprises dédaignées. Durant cette période, les entreprises « dédaignées » ont eu un rendement de 18,34% contre 16,27% pour les entreprises « admirée » soit une sur-performance de 2.07% par an. En outre, ils constatent que l’amélioration dans le classement des entreprises les plus admirées est suivie, en moyenne, par des rendements plus faibles et que la dispersion des rendements est élevée, en particulier dans le portefeuille des entreprises « dédaignées ». Cela implique que les investisseurs qui souhaitent bénéficier du rendement plus élevé des actions dédaignées doivent construire un portefeuille bien diversifié.

Les investisseurs ne doivent pas renoncer aux entreprises remarquables, ils ne devraient pas s’attendre à ce que sociétés connues pour leurs bonnes qualités génère automatiquement des rendements supérieurs à la moyenne. Au lieu de cela, les investisseurs devraient comparer la réputation actuelle des entreprises à des attentes réalistes quant à la performance future, couplée avec une bonne analyse. Cela peut aider à minimiser les aléas que subiront de nombreuses entreprises, « remarquable » ou pas dans le futur.

Par Patrick Van Beesen

Avez-vous tendance, dans votre sélection de titres, à mettre l’emphase sur les entreprises remarquables?

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2 Commentaires
  1. 8 juillet 2015
    • 9 juillet 2015

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