Le bénéfice estimé, vraiment précis?

 

Une étude de Michèle Claymans a comparé le bénéfice publié au bénéfice estimé par les analystes.

Le bénéfice estimé par les analystes un an avant la publication est surestimé de 57,1%, au fur et à mesure que l’on se rapproche de la publication la surestimation diminue, elle est encore de 11,9% le mois précédent la publication des résultats.

Des recherches ont démontré qu’une révision du BPA (bénéfice par action, EPS en anglais) à la hausse fait monter le cours et inversement une révision vers le bas fait baisser le cours de l’action.

Quand lors de la publication les bénéfices sont supérieurs aux bénéfices estimés le cours de l’action monte et inversement le cours descend quand le BPA est inférieur au BPA estimé.

Le BPA à une grande influence dans l’esprit des investisseurs et les variations du BPA est un facteur majeur dans l’acte d’achat ou de vente d’une action.

La surestimation des bénéfices diminue tout au long de l’année, car les analystes affinent leur estimation au fur et à mesure que les résultats trimestriels sont publiés.

L’investisseur qui se base trop sur l’estimation du BPA court le risque d’avoir un jugement faussé et trop optimiste.

Ce biais de surestimation des analystes à différente explication.

  • Une tendance de ‘tomber amoureux’ des actions  suivies, le nombre de recommandations à la hausse surpasse de loin les recommandations de conservé ou de vendre.
  • Les analystes travaillant pour des sociétés qui ont également une activité de banque d’investissement,  ont tendance à éviter de faire des rapports négatifs ou critique.
  • Les analystes qui sont trop négatifs envers une société risquent de perdre les canaux de communication avec l’entreprise.

Ceci nous montre que l’investisseur doit être conscient de ce biais de surestimation des analystes.

Dans une étude sur le S&P500 au cours de la période 1964-2011, Tobias Carslile montre que le cours-bénéfice estimé est le moins bon des multiples avec une performance annuelle de seulement 8,63% et sous-performant le S&P 500 de près de 1 % par an. Par contre le CB glissant (4 derniers trimestres) donne de bien meilleurs résultats avec une performance annualisée de 12,44%.

Pour les entreprises peu volatiles, le bénéfice estimé par le consensus des analystes n’est pas un bon indicateur par contre pour les entreprises plus volatiles et en forte croissance l’estimation des analystes donne de meilleurs résultats.

Le bénéfice pour la plupart des entreprises est très volatile d’une année à l’autre, pour avoir un ratio plus stable nous pouvons le normaliser. Pour les entreprises mâture et stable le bénéfice par action pourra-être normalisé sur les 3 ou 5 dernières années glissantes. Pour les entreprises cycliques ou en forte croissance, nous pouvons le normalisé en prenant les 3 derniers exercices et le BPA estimé de l’année en cours et de l’année suivante.

Le bénéfice est au centre des préoccupations de la plupart des investisseurs et ses variations déterminent souvent une décision de vente ou d’achat. L’investisseur conscient des limites du BPA améliorera son processus d’investissement.

Par Patrick Van Beesen

Avez-vous tendance, dans votre sélection de titres, à mettre l’accent sur le bénéfice?

Laissez moi votre commentaire sur l’article. Je vous invite également à partager cet article sur les réseaux sociaux et à aimer notre page Facebook. Un like sur notre page Facebook, c’est une chance de gagner un abonnement d’un an à la section privilège MIA.

5 Commentaires
  1. 10 août 2017
    • 17 août 2017
  2. 5 août 2017
    • 6 août 2017
      • 8 août 2017

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *