L’analyse de titres pour le néophyte

 

L’analyse de titres s’intéresse au passé, au présent et à l’avenir d’une société donnée. Elle s’intéresse au secteur d’activité de l’entreprise, résume ses résultats financiers et sa situation financière, dénote ses points forts et ses points faibles, son potentiel et son risque, et estime sa capacité bénéficiaire future sous différentes hypothèses. Finalement, elle permet de se forger une opinion sur sa qualité intrinsèque, le rendement potentiel de son titre ainsi que sur son degré de risque.

Pour accomplir cette tâche, on peut utiliser plusieurs méthodes qui vont des plus simples ou plus complexes. Parfois, on se voit dans l’obligation de modifier les chiffres tirés de la comptabilité de la société bien que ces derniers soient réalisés par un expert comptable agréé.

Une bonne analyse de titre porte une attention particulière à certains éléments du rapport annuel qui disent bien plus qu’il n’y paraît, en plus de développer et mettre en application des balises de sécurité, lui permettant d’affirmer si une action est assez sécuritaire pour être qualifiée d’investissement de qualité. Ces critères sont initialement définis en tenant compte des résultats moyens historiques, mais aussi de la structure des capitaux propres, du fonds de roulement, de la valeurs des actifs, etc…

À titre d’exemple, voici une description sommaire des balises que j’utilise dans mes analyses de titres pour le portefeuille modèle MIA Canadien:

Au niveau du bilan de la société:

-Le ratio d’endettement sur capitaux propres doit être inférieur à 0.75

-Le ratio de liquidité relative, c’est-à-dire, la couvertures du passif à court terme par l’actif à court terme, doit être adéquat. Généralement, un ratio de 2.00 est jugé confortable, mais lorsqu’il s’agit d’une entreprise qui œuvre dans un secteur où les stocks sont converti rapidement en liquidités, un ratio de beaucoup inférieur peut-être suffisant.

-Notez qu’au niveau du bilan, je recherche les entreprises ayant aucune dette ou très peu, et possédant une encaisse bien garnie. Cependant, veuillez prendre note, qu’une encaisse bien garnie, peut, à l’occasion, cacher un manque de vision et de leadership de la part de l’équipe de direction.

Au niveau de la rentabilité de la société:

-La marge bénéficiaire nette doit être solide pour le secteur d’affaires et démontrer une croissance ou, du moins, une constance dans le temps.

-Le rendement de l’avoir des actionnaires doit être supérieur à 15%, et plus il est élevé, moins le versement d’un dividende régulier devient rationnel, puisque les actionnaires auront beaucoup de difficultés à dénicher des rendements aussi élevés ailleurs.

Au niveau de la gestion des fonds excédentaires liés aux opérations de la société:

-La génération de fonds excédentaires opérationnels doit être régulière et, idéalement, en progression. Les fonds excédentaires ainsi générés, permettront à la société de diminuer son endettement, de verser un dividende régulier ou spécial, de racheter des actions, de procéder à des acquisitions ou encore, de placer cet argent en encaisse en attendant des opportunités futures pour l’entreprise.

La façon dont les dirigeants d’une entreprise disposent des fonds excédentaires, nous en dit long sur leur compétences en tant que gestionnaires de compagnie.

Un dirigeant responsable limitera l’endettement et les coûts liés aux opérations, un dirigeant rationnel rendra l’argent aux actionnaires si il ne parvient pas à réaliser un rendement de l’avoir suffisamment élevé (+15%) ou encore, il profitera du fait que l’action soit sous-évaluée pour lancer un programme de rachat d’actions, un dirigeant opportuniste identifiera des cibles d’acquisitions profitables à son entreprise et qui peuvent être acquises à un coût raisonnable.

À l’opposé, un dirigeant irresponsable empruntera de l’argent à vitesse grand V et laissera augmenter les coûts liés aux opérations, un dirigeant irrationnel s’entêtera à conserver tous les bénéfices dans l’entreprise même si son rendement de l’avoir est médiocre ou encore, il lancera un programme de rachat d’actions au pire moment, c’est-à dire, lorsque le cours de l’action est surévalué, un dirigeant égocentrique cherchera à acquérir des entreprises non-profitables et à des coûts exorbitants, juste pour gonfler son estime de lui-même.

Au niveau du taux de croissance de la société:

Pour espérer obtenir un rendement supérieur en bourse, vous devez attacher une importance capitale au taux de croissance de la compagnie sous-jacente.

Personnellement, je vise un taux de croissance intrinsèque minimum de 12% sur 5 ans pour mes compagnies en portefeuille ou en suivi. Sur le long terme, la corrélation entre le rendement en bourse et la croissance intrinsèque d’une société est suffisamment élevé pour que je continue de croire en cette théorie.

Bien entendu, pour établir une prévision de croissance future pour une société donnée, il faut grandement se fier aux performance passées et au cycle de croissance dans lequel se trouve présentement la dite société. C’est pour cette raison, que j’analyse la croissance intrinsèque sur 3 à 5 ans d’une entreprise que je juge intéressante, cette analyse me permettra de déterminer si le taux de croissance est à la hausse, stable ou à la baisse, et donc par le fait même de déterminer le cycle de croissance dans lequel se trouve l’entreprise.

Au niveau de l’évaluation en bourse de la société:

Ici, la clé, c’est de comparer le rendement en bourse et la croissance intrinsèque de la société sur une période de 3 à  5 ans. Si le rendement en bourse a prit de l’avance sur la croissance de l’entreprise, un juste retour à la normal est très prévisible, et par le fait même, vos attentes en terme de rendement, doivent être plus réalistes car vous êtes actionnaire, ou songer à le devenir, d’une compagnie survalorisée.

À l’opposé, si la croissance intrinsèque de l’entreprise a surpassé le rendement du titre en bourse depuis 3 à 5 ans, un ajustement à la hausse est très prévisible et c’est exactement ce genre de situation qu’un investisseur intelligent doit rechercher, car dans cette situation, vous êtes actionnaire, ou songer à le devenir, d’une compagnie sous-valorisée.

Voilà de façon sommaire, un compte rendu de la méthode d’évaluation de titres que j’utilise pour investir en bourse.

Bon investissement!

Par Martin Raymond

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