Pourquoi les particuliers n’ont pas envie d’investir en Bourse

Sovanna

Cet article vous est proposé par Sovanna SEK qui est l’auteur du blog investir-en-actions.com

Le nombre d’actionnaires individuels en France a diminué profondément de 7,4 à 3,3 millions entre 2000 et 2015, soit une baisse moyenne de plus 5 %. J’avoue que cela m’attriste d’être une espèce qui est progressivement en voie de disparition. La moyenne d’âge élevé des actionnaires qui dépasse les 55 ans, prouve que les générations Y et Z portent un faible intérêt sur ce mode de placement. L’objectif de cet article n’est pas de vous décourager d’y investir mais de comprendre les raisons de cette désaffection vis-à-vis de l’investissement en Bourse plus précisément sur le marché actions.

Les krachs boursiers bien ancrées dans leurs mémoires

Malheureusement, c’est la raison la plus répandue aux yeux des particuliers français. L’éclatement de la bulle Internet et des subprimes a créé un fort préjudice sur l’investissement en actions cotées en véhiculant des mauvaises idées reçues chez l’opinion publique. D’après la banque de France, sa part (y compris les placements collectifs) dans la répartition des instruments financiers des ménages français est descendue de 22 à 13 % sur la période 2000-2014 mais en valeur absolue, elle restait au même niveau.

Celles ou ceux qui ont laissé des plumes tant sur le plan psychologique que financier, ne reviendront pas de sitôt. L’être humain a tendance à ne pas oublier les mauvais souvenirs. Sans chercher des accusations, il se peut que le gouvernement et les médias mainstreams à cette époque ont contribué involontairement au rejet de l’investissement en actions cotées. Ses derniers sont très doués à manipuler les émotions moutonnières de l’opinion publique.

Le manque d’éducation économique et financière

Dans le domaine de l’investissement, les particuliers français privilégient des placements avec un complément entre le rendement et la sécurité. D’une part, l’Etat apporte sa garantie. D’autre part, ils ne supportent pas tout ce qui est volatile à l’image de l’investissement en actions cotées et veulent passer le moins de temps possible sous prétexte que c’est une corvée.

Les fluctuations des cours font partie de la vie quotidienne de l’univers de la Bourse. Si les particuliers français ont du mal à s’y faire, c’est qu’ils n’ont pas un socle solide en matière de connaissances économique et financières. Leur aversion au risque initiale est déjà élevée. Pour enfoncer le clou, les entreprises qui vendent des produits financiers ne sont pas exemptes de tout reproche.

Depuis tout petit jusqu’à l’âge adulte, le système nous a détourné des choses importantes sur l’intégrité sociale et le bon fonctionnement de l’économie. L’éducation économique et financière peut y rectifier le tir. Primo, elle peut améliorer votre prise de conscience sur les différentes évolutions de la société et éviter des débats idéologiques sur des sujets sensibles. Deuxio, cela vous permettra d’apprendre à raisonner sur le long terme afin de mieux orienter vos décisions d’investissement. Enfin, en étant plus éduqué, la croyance des autres n’affectera pas la votre.

La fiscalité confiscatoire digne d’un pays communiste

La fiscalité sur les actions cotées en France n’incite pas les particuliers à s’y intéresser au profit de l’assurance vie fonds euros. Elle est à l’image de nos politiques qui changent sans arrêt les règles du jeu. Cela se traduit par une instabilité fiscale dont il est difficile de trouver son compte.

Depuis fin 2010, l’évolution de la fiscalité sur les actions cotées a connu des soubresauts. Pour le compte-titres dont j’apprécie sa flexibilité, le fameux seuil de cession sur les plus-values pour ne pas être taxé par le fisc a été supprimé. Voilà un premier choc fiscal.

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines avec un deuxième choc fiscal. En 2013, les plus-values sont intégrées à l’impôt sur le revenu. Pour celles ou ceux qui sont dans la haute tranche marginale, vous pouvez considérez que cela ressemble à un racket fiscal en bande organisée.

Pour les dividendes perçus dans un compte-titres jusqu’à 2012, il existait deux options : le prélèvement forfaitaire et l’alignement à l’impôts sur le revenu. L’année suivant, il ne restait que la seconde avec la suppression de l’abattement fixe de 1525 ou 3050 € conditionné par votre situation civile.

Pour couronner le tout, j’avais oublié cette fichue TTF (Taxe sur les Transactions Financières) sous prétexte que les autres pays membres de l’Union Européenne allaient s’aligner. Il n’en est rien à ce jour.

Pour amortir la douleur fiscale, la meilleure solution à ce jour serait d’ouvrir un PEA. La fiscalité est certes avantageuse comme l’exonération de taxe sur les dividendes mais comporte des pièges à déjouer. Afin de bénéficier pleinement de ses avantages, il convient de mettre une partie de son argent dont vous n’avez pas besoin pendant cinq ans minimum.

Du point de vue des pouvoirs publics, ses mesures fiscales confiscatoires ont pour but de décourager la spéculation. En réalité, elles sont contre-productives car cela incite les particuliers à se détourner des actions cotées ayant une utilité à la fois économique et financière en faveur des placements comme l’assurance vie fonds euros qui finance le train de vie de l’Etat. Ainsi, ne soyez pas étonné que l’actionnariat des grandes entreprises françaises cotées soit progressivement étranger.

Par Sovanna SEK

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