L’investisseur et la tolérance au risque

Depuis une vingtaine d’années, les professionnels de l’investissement en bourse ont mis beaucoup d’efforts pour aider les gens à évaluer leur niveau de tolérance au risque. Tous ont observé les mêmes comportements, c’est-à-dire, lorsque le marché est à la hausse, les investisseurs acquièrent avec audace des actions pour leurs portefeuilles et lorsqu’il est à la baisse, ils vendent leurs actions pour retourner vers les produits comme les obligations ou d’autres instruments à rendement fixe, jugés plus conservateurs.

L’investisseur et la tolérance au risque

Le krach boursier de 1987 est à ce titre un cas typique: du jour au lendemain une grande part d’investisseurs liquidèrent complètement leurs portefeuilles d’actions au profit de produits jugés plus sécuritaires. C’est ce répétitif va et vient entre l’investissement agressif et  l’investissement conservateur qui a suscité plusieurs recherches sur la tolérance au risque.

Le constat de l’une de ces recherches fut le suivant: la tolérance des individus vis à vis le risque est fondée sur les émotions, donc, cela veut dire qu’elle change en fonction des circonstances. Tous les énoncés de la psychologie de l’investisseur à propos de nos attitudes au sujet de l’argent tendent également à décrire parfaitement nos attitudes par rapport au risque. Quand la bourse tombe terriblement, mêmes ceux qui auraient les profils le plus «agressifs» deviennent très prudents. De même, lorsque le marché est en plein boom, même les investisseurs les plus conservateurs acquièrent des actions à la vitesse grand V.

Un autre facteur est à considérer, celui de la trop grande confiance en soi. Dans les cultures d’aujourd’hui, les gens qui prennent des risques sont généralement très admirés, ce qui soumet donc plusieurs investisseurs à la tentation humaine de penser qu’il supportent le risque mieux que c’est le cas en réalité. En psychologie, on appelle ce syndrome «l’effet Mitty», nom tiré d’une nouvelle écrite durant les années 30 par James Thurber, un des plus grands humoristes américains de l’époque, qui s’intitulait « La vie secrète de Walter Mitty».

Dans cette nouvelle, Walter était un être doux comme un agneau complètement écrasé par une épouse surprotectrice et à la langue de vipère. M.Mitty s’en tirait en rêvant éveillé à des situations où il se transformait en héros défenseurs des plus démunis de ce monde. Une minute à l’agonie de peur d’avoir oublié une des tâches qu’il devait accomplir à la demande de sa femme, il devient l’instant suivant un super héros combattant héroïquement des êtres méchants.

De nombreuses personnes lorsqu’elles investissent en bourse réagissent au marché comme Walter Mitty réagissait à la vie, c’est-à-dire, quand la bourse s’envole, ils ont l’impression d’avoir du courage à revendre, et prennent plus de risques. Mais quand le marché flanche, ils cherchent tous la sortie d’urgence la plus proche, s’échappent et n’y reviennent plus.

Comment se soigner du syndrome de «l’effet Mitty»? En creusant au-delà des questions d’évaluation standards de la tolérance au risque, en fouillant les motivations qui sont gouvernées par des facteurs psychologiques sociaux-démographiques, ainsi  que les différentes formes de personnalité humaine.

Selon plusieurs dans le domaine de la psychologie de l’investisseur, la propension à prendre des risques serait liée à deux facteurs sociaux-démographiques: le sexe et l’âge. Les gens plus âgés ne veulent pas assumer autant de risques que les gens plus jeunes, et les femmes sont majoritairement plus prudentes que les hommes. Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, il semblerait que le niveau de richesse de l’individu n’entre pas en ligne de compte avec le niveau de la tolérance au risque.

Deux traits de personnalité sont étroitement liés à la tolérance au risque: une tendance au contrôle de soi et une motivation à l’accomplissement de soi. Le contrôle de soi en réfère au sens qu’ont, ou n’ont pas, les gens à pouvoir avoir une influence à la fois sur leur environnement et sur les décisions qui influencent leurs vies. Les gens qui possèdent «le contrôle de soi» sont appelés des «intérieurs». Par opposition, les «extérieurs» considèrent qu’ils n’ont que très peu de contrôle sur leur destinée. La motivation à l’accomplissement de soi décrit le degré qu’ont les gens à être gouvernés par des objectifs. En effet, il semble que les individus qui aiment prendre des risques sont orientés par des objectifs précis.

Donc au final, un investisseur qui démontre un fort niveau de tolérance au risque est assurément une personne qui se fixe des objectifs précis, qui croit pouvoir exercer un contrôle sur son environnement et pouvoir influer sur le déroulement des choses.  Cette personne voit le marché boursier comme un ensemble d’options contingentes dans le cadre desquelles la réunion de bonnes informations avec des choix rationnels débouchera sur des résultats gagnants et lui permettra de s’enrichir en bourse.

Maintenant, attardons-nous à Warren Buffett, le plus illustre investisseur à la bourse de la planète. M.Buffett a une foi entière en sa propre recherche et non en la chance. Ses actions sont faites en fonction d’atteindre des objectifs précis sur lesquels il a minutieusement réfléchi, et il n’est pas désarçonné par des évènements à court terme. Le plus important, il comprend la véritable dimension du risque, et en accepte les conséquences en toute confiance.

Voilà pourquoi les gens qui investissent en bourse, de façon sérieuse et méticuleuse réussissent mieux que la majorité, parce-que ils peuvent supporter une plus grande tolérance au risque.

Par Martin Raymond

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