L’investissement focalisé, le pari payant de Buffett

Voici le tableau des rendements du portefeuille d’actions de Berkshire Hathaway inc. (1988-1997):

année Rentabilité portefeuille Berkshire Rentabilité d’un portefeuille équi pondéré Rentabilité d’un portefeuille pondéré à 2% S&P 500
1988 11.9% 11.0% 16.0% 16.6%
1989 53.1% 38.3% 32.3% 31.7%
1990   2.7% -9.8% -3.9% -3.1%
1991 55.5% 52.7% 33.5% 30.4%
1992 24.2% 31.1% 11.4%   7.6%
1993 11.7% 19.5% 11.6% 10.1%
1994 15.3%   8.0%   2.6%   1.3%
1995 43.6% 43.2% 38.3% 37.6%
1996 37.5% 29.6% 24.0% 23.0%
1997 38.5% 46.1% 35.4% 33.4%
Rentabilité annuelle moyenne 29.4% 27.0% 20.1% 18.9%
Investissement de départ 100 000$ 100 000$ 100 000$ 100 000$
Valeur de l’investissement à terme 1 316 263$ 1 091 534$  624 353$  564 701$

Pour cette analyse, le portefeuille de Berkshire Hathaway (société de Warren Buffett) a été isolé tel qu’il apparaissait sur son rapport annuel pour chaque année de 1988 à 1997. L’étude est limitée aux principales lignes de titres détenues par Berkshire et les actifs non-identifiés apparaissant dans la rubrique «autres lignes d’actions ordinaires», représentant un pourcentage infime du portefeuille de Berkshire ne sont pas pris en compte, dans les calculs, n’ayant pas d’influence significative sur les résultats.

Autre avertissement mineur: Berkshire fournit un instantané des actifs détenus au 31 décembre. Pour cette étude, il est supposé que Berkshire détenait ces titres à l’identique depuis le 1er janvier précédent. Bien entendu, Buffett a fait chaque année un certain nombre d’achats, et donc cette hypothèse biaise très légèrement le résultat de l’étude. Il reste qu’une majorité des positions étaient effectivement maintenues à l’identique tout au long de chaque année et étant donné que cette analyse est étendue sur 10 ans, je pense que ce biais n’est pas significatif.

Premièrement, intéressons-nous à la rentabilité boursière du portefeuille de Berkshire au cours de cette période de 10 ans. Sur le tableau, nous pouvons voir que la rentabilité moyenne du portefeuille était de 29.4%, bien supérieure à celle du S&P 500 qui était de 18.9%.

La majorité de ceux et celles qui ont suivi la carrière de Warren Buffett connaissent l’estime qu’il a pour la compagnie «Coca Cola». Durant cette période, «Coca Cola» fut le gros pari du portefeuille d’actions de Berkshire et cela a superbement payé.

En 1988, quand Buffett commença à acheter des actions de «Coca Cola», la pondération du titre dans le portefeuille était de 20.7%. De 1991 à 1997, la pondération du portefeuille détenue dans le titre de «Coca Cola» a fluctué entre 34.2% et 43.0%. Et quelle a été la performance de «Coca Cola» tout au long de ces années? Pratiquement deux fois meilleures que celle du marché: 34.7% de rentabilité moyenne comparée aux 18.8% du S&P 500. Donc pour Buffett, la décision de surpondérer cette position a été très profitable. Il a fait un gros pari sur un cas à forte probabilité de succès.

Maintenant, regardons ce qui serait arrivé si Buffett n’avait pas surpondéré cette position mais avait plutôt pondéré également toutes les valeurs qu’il détenait chaque année. Pour ce faire, il aurait dû liquider un certain nombre d’actions quand une position serait devenue trop imposante dans le portefeuille, pour la remettre à niveau avec les autres.

Sur une pondération égale de tous les titres (portefeuille équi pondéré), celui de Berkshire aurait rapporté annuellement, en moyenne, 27.0%, soit 2.5% de moins que le portefeuille concentré.

Amenons maintenant notre analyse une étape plus loin. Faisons l’hypothèse que Buffett ne gérait pas un portefeuille concentré mais un portefeuille plus largement diversifié composé de cinquante valeurs (portefeuille pondéré à 2%). Supposons que chacune des principales lignes de titres du portefeuille de Berkshire aurait une pondération de 2% et que le reste du portefeuille générerait la même rentabilité que le marché.

Ce portefeuille fictif, résultant de l’addition de valeurs effectivement détenues par Berkshire et de valeurs au rapport identique à celui du marché (chaque ligne valant 2% de la pondération totale), aurait généré 20.1% de rentabilité moyenne annuelle sur la période de 10 ans à l’étude, soit seulement 1.2% de plus que le marché.

En conclusion, il est clair que le portefeuille original de Berkshire, focalisé sur peu de titres, est celui qui a produit les meilleurs résultats. Le fait de pondérer toutes les lignes à l’identique permettait toujours au portefeuille de surpasser le marché mais réduisit le rendement de près de 2.4%. Finalement, le portefeuille fictif de cinquante valeurs, bien que faisant légèrement mieux que le marché en moyenne (+1.2%), obtint les résultats les plus faibles, en retrait de 9.3% sur le portefeuille focalisé Berkshire.

Je terminerais en vous disant, que les portefeuilles focalisés qui se concentrent sur des événements à forte probabilité de succès donnent des résultats optimums. À l’opposé, toutes les tentatives destinées à diluer le portefeuille avec plus de titres en des tranches bêtement égales ont toutes les chances de procurer une rentabilité plus près de celle du marché, donc moyenne. Et si vous y ajouté les frais de transactions, de commissions et les impôts, vous commencez à vous rendre compte de la difficulté qu’il y a de surpasser le marché boursier avec une multitude de valeurs constamment achetées et vendues.

Pour moi, au bout du compte, en avoir moins (de titres) c’est en avoir plus (d’argent)

Par Martin Raymond

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