Turbulence politique, turbulence boursière

Nous sommes entrés dans une période d’incertitude après le Brexit et l’élection de Trump vont suivre en décembre le référendum en Italie et en 2017, nous aurons les élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.
Contrairement à ce qu’ont affirmé beaucoup d’analystes, la victoire de Trump n’a pas provoqué de chute à la bourse, mais après une première hésitation la bourse est remontée.
Des différentes déclarations de Trump parfois contradictoires, il ressort qu’il mènera une politique de relance via des grands travaux d’infrastructure qui en a bien besoin et en accroissant les dépenses militaires, tout en diminuant les impôts, ce qui implique un financement par la dette, une augmentation des taux d’intérêts et de l’inflation.
Les secteurs qui bénéficieront des Trumponomics, ce sont bien évidemment le secteur de la défense, des infrastructures et de la construction et les secteurs qui y sont liés tels que l’industrie et les matières premières. Le secteur financier, faiblement valorisé aujourd’hui, bénéficiera de la hausse des intérêts et de la dérégulation.
Le secteur de la pharmacie qui ces derniers temps avait nettement baissé après les déclarations de Hillary Clinton sur le prix des médicaments reprend de la vigueur.
Le secteur immobilier pâtira de la hausse des taux d’intérêt ainsi que les quasi-obligations, comme le secteur des utilities.
Le secteur de la technologie, de la consommation ainsi que les autres secteurs non cycliques sont victime de la rotation sectorielle.
L’attitude négationniste de Trump vis-à-vis du réchauffement climatique impactera négativement tout le secteur des énergies alternatives.
Le renvoi des immigrés est une promesse que Trump ne pourra pas tenir. Comment le mur à la frontière mexicaine sera bâti, alors que déjà maintenant le secteur de la construction est en pénurie, comment réalisera-t-il de grands travaux sans main-d’œuvre immigrée ?
Le protectionnisme se fera au détriment des entreprises du S&P500, déjà chèrement valorisée avec un PER de 21, la hauteur du PER est due à l’augmentation de leur valeur en bourse bien le rapide que l’augmentation des bénéfices. Les grandes entreprises exportent beaucoup plus (79%) que les petites valeurs (44,5%), il vaut donc mieux privilégier les actions du Russel 2000 qui ont essentiellement une activité domestique et qui sont bien moins valorisées que les grandes entreprises.
Ce qui est déjà qualifié de Trumponomics, grands travaux, immigration, protectionnisme et baisse des impôts devront avoir l’accord de la chambre des représentants et du sénat ainsi que de la Cour suprême et en ce qui concerne le protectionnisme de l’accord d’instance supranationale et de pays étrangers. Les Trumponomics ne sont dans l’état actuel que de vagues promesses et mal dégrossies qui ne verront le jour pour certaines que dans de nombreux mois et années et pour d’autres jamais.
Nous savons déjà que les États-Unis ne ratifieront pas l’accord Trans Pacifique, mais Trump annonce à la place des accords bilatéraux ce qui prendra des années; le TTIP, accord avec l’Europe ne sera pas non plus finalisé.
Le 4 décembre, il est plus que probable que lors du référendum, en Italie, le ‘non’ l’emportera, ce qui risque d’emporter le gouvernement Renzi et de provoquer des élections anticipées ou la montée des populismes risque de rendre difficile la constitution d’un gouvernement. Rappelons que l’Italie est surendettée, la charge de la dette représente 20% des dépenses publiques et que le secteur bancaire italien est en pleine tourmente.
Ce même 4 décembre aura lieu en Autriche l’élection d’un nouveau président, les Autrichiens ont le choix entre un écologiste et un populiste de droite, ce dernier a déclaré que s’il gagnait, il dissoudra le parlement et convoquera de nouvelles élections qui devrait être favorable aux populistes surfant sur la vague de l’immigration.
Lors des prochaines élections en mars aux Pays-Bas le populiste de droite Geert Wilders devrait enregistrer un score élevé, ce qui rendra difficile la constitution d’un gouvernement.
En France François Fillion devrait remporter l’élection et devrait apporter des réformes dont la France a grand besoin. Il est peu probable que Marine Lepen l’emporte, mais elle sortira renforcée de ses élections.
En Allemagne, Angela Merkel sera probablement reconduite chancelière, mais l’Allemagne enregistrera une nouvelle montée du populisme.
Entre Trump et Brexit, les populistes de tout bord nous entraînent vers une période d’incertitude bâtie sur des idées conspirationniste et simpliste véhiculées par internet et les réseaux sociaux.
 Les turbulences politiques et électorales entraîneront inévitablement des turbulences boursières.

Par Patrick VB

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